champs freudien
Un meeting sur la question de l'évaluation dirigé par plusieurs organisations de psychanalystes est organisé le samedi 21 juin au Corum Saint Jean à 14h. On nous a proposé d'intervenir au nom du collectif étudiant ITSRA, voila une proposition de texte pour notre intervention...
si vous voulez apporter des modifications, laissez un commentaire (juste en bas à droite de l'article).
Nous sommes étudiants en travail social, donc susceptibles d’être pris en stage dans vos établissements. Depuis cette année, avec la réforme du diplôme d’état, vous avez du être confrontés aux nouvelles modalités d’évaluation de vos stagiaires. Cette évaluation est fastidieuse à réaliser car les grilles semblent hors réalité et demandent beaucoup de réflexion pour adapter vos observations à cette évaluation.
Malheureusement cette évaluation vous engage beaucoup plus qu’auparavant envers vos stagiaires. Cette évaluation participe à la validation du diplôme d’état, alors qu’auparavant vous n’étiez que lieu de formation et de transmission. Aujourd’hui vous avez droit de regard sur la validation de notre diplôme.
Cet effet néfaste s’accompagne d’un problème tout aussi important pour lequel les étudiants de l’ITSRA se mobilisent depuis 3 mois.
Une autre attaque du système de formation est passé sous la forme d’une loi dite « d’égalité des chances ». Il s’agit d’un décret du 27 février 2008 qui impose aux lieux de stage du secteur privé (associations à but non lucratif), de gratifier leur stagiaires ayant un niveau bac lorsqu’ils effectuent un stage de plus de 3 mois à la hauteur de 398.13 euros. Cette gratification s’impose à des associations à but non lucratif, qui sont donc dans l’incapacité financière d’accueillir des stagiaires, les budgets étant déjà serrés. Les stages étant obligatoires pour la validation des nos diplômes, nos formations sont donc en danger aujourd’hui.
Le principe de gratification des stagiaires pose des problèmes éthiques. En effet les lieux de stage, qui étaient des lieux de formation, en rémunérant les stagiaires deviennent employeurs et non plus formateurs. Le statut même du stagiaire est complètement remis en cause par ce décret ; c’est pourquoi les étudiants en travail social de l’ITSRA en demande l’abrogation (retrait du décret dans le secteur social).
La gratification n’est pas un moyen de lutter contre la précarité des étudiants mais elle fait des étudiants des travailleurs au rabais.
A cela s’ajoute les grilles d’évaluation qui accentuent la soumission des stagiaires aux lieux de stage.
Cette évaluation du stage s’ajoute à celle du personnel (en lien avec les commandes sociales) et à celle des personnes que nous accompagnons. L’heure est au productivisme contrôlé par l’évaluation. C’est tout le secteur social qui est en train d’en souffrir…
Qu’en est-il des personnes que nous accompagnons ? Quelles conséquences cela a-t-il sur les modalités d’accompagnement et sur leur qualité de vie ?
D’autre part, on profite de ce meeting pour vous faire part de notre inquiétude quant à la disparition de la clinique dans nos formations, remplacée par une approche orientée autour du projet. Doit-on nous résoudre à devenir des techniciens ? Quel serait alors le sort réservé aux personnes que nous accompagnons ? Ne seraient-elles par alors considérées comme des objets et non comme des sujets ?