lettre de Bérénice Arnaud
QUE VONT DEVENIR LES TRAVAILLEURS SOCIAUX ?
Le 01/02/08 un décret réclamé et attendu depuis des dizaines d’années est enfin mis en place. Les stagiaires vont enfin être gratifiés s’ils effectuent un stage de plus de 3 mois. Enfin, on reconnaît à ces étudiants une valeur de travail qui mérite salaire.
Oui, cette gratification de 398, 13€ minimums est enfin obligatoire ! On repense alors à ces stagiaires de la recherche, de la justice, de l’architecture qui ont manifesté, attendant une reconnaissance. Oui, ce décret va permettre l’arrêt des abus envers les stagiaires.
Et pourtant, il y a des stagiaires qui s’inquiètent de cette avancée sociale.
Comment ?
Oui, oui les travailleurs sociaux en formation s’interrogent !
Pourquoi ? Parce que ce décret n’aurait pas dû les concerner. Non pas que ces derniers ne veuillent pas de gratification, mais parce que ce décret remet en cause la formation de ces travailleurs et plus grave encore, il peut générer de profondes divisions.
Le premier obstacle est le fait que le financement de la gratification par les établissements ou service susceptibles d’accueillir des stagiaires n’ait pas été défini ni transmis par ce décret. Donc la plupart des établissements ou service n’ont pas les moyens de gratifier leurs stagiaires, donc ils ne prendront plus de stagiaires. Or, les stages sont obligatoires pour les obtentions des Diplômes d’Etat dans les formations de travailleurs sociaux.
De plus, ce décret ne concerne que les structures de droits privés. Les étudiants désirant une gratification délaisseront les services de droit public. Or, tous les étudiants du secteur social ne pourront être pris en charge par des structures privés, cela va entraîner des divisions entre les étudiants.
Les difficultés de financement conduiront inévitablement à la prise en charge de stagiaires exclus de ce décret. A savoir les étudiants n’ayant pas un niveau bac exigé comme les Moniteurs Educateurs, les Aides Médico Psychologiques…, créant ainsi des divisions entre les différentes formations.
Ces mêmes difficultés de financement si elles étaient prises en charges par les Conseils Généraux, DDAS ou DRAS, créeront des régions avec de grandes disparités d’aides sociales selon leurs moyens.
Et, effet pervers, les travailleurs précaires nombreux dans ce milieu pourraient être remplacés par des stagiaires.
Et je ne vous parle pas des conséquences sur le nombre d’étudiants qui à l’avenir pourront poursuivre ces études. Si les lieux se stages diminuent alors les étudiants aussi. Du fait que les ASSEDIC finance la formation d’Educateur Spécialisé par l’Aide au Retour à l’Emploi et qui aurait une bonne raison de cesser cette aide.
On peut alors s’interroger sur les raisons d’applications de ce décret dans le secteur social.
Je suis actuellement en 1er année de formation d’E.S. et m’inquiète particulièrement des conséquences sur l’avenir social par rapport aux conditions d’application de ce décret.